mardi 23 mai 2017

RAPPORT FINANCIER ACJBB 2016

Les comptes que nous présentons de l’exercice clos au 31 décembre 2016 ont fait l’objet d’un rapport de certification établi par le Commissaire aux Comptes.

Les comptes arrêtés au 31 décembre 2016 font ressortir un excédent de 14.341€.

Ce chiffre tient compte des amortissements comptabilisés en 2016 soit 66.889€, ce qui donne un  excédent brut d’exploitation de 81 230€ pour l’exercice.

RECETTES :

Les recettes d’exploitation proviennent essentiellement de dons effectués par nos fidèles. Elles se sont élevées en 2016 à 680.915€ contre 602.133€ en 2015.

Nous constatons un écart positif de 78.782€ soit +13%. L’an dernier les dons étaient en progression de 37 %.

Nous avons obtenu au courant de l’année 2016, comme en 2015, une subvention de 10.000€ du Ministère de la Culture par l’intermédiaire de Monsieur Thierry Solère, Député des Hauts de Seine, au titre de sa réserve parlementaire.

Nous avons également obtenu au titre de Boulogne Sud une subvention de 12.500€ de la Mairie de Boulogne, par l’intermédiaire du maire, Pierre-Christophe Baguet.

Au 31 décembre 2016 sur l’emprunt de 100.000€ destiné à la Nouvelle Construction il reste  25.000€ comptabilisés au passif du bilan dans le poste « autres dettes »

TABLEAU COMPARATIF DES RECETTES en k€
Nature
2015
2016
Ecart
%
dons ACJBB + Solidarité
520
526
6
+1%
dons TSEDEK
55
56
1
+2%
dons BOULOGNE SUD
27
99
72
266%
Sous total Recettes
602
681
79
13%
Subventions + reprises ammortissements
42
64


Total Produits Exploitation
644
745
101
16%


DEPENSES :

Les charges d’exploitations hors amortissements, hors provisions se sont élevées en 2016 à 664 000€ contre 539 000€ en 2015, soit une augmentation de 23%. Il faut noter que ces charges tiennent compte de l’exploitation de Boulogne Sud.

TABLEAU COMPARATIF DES DEPENSES en k€
Nature
2015
2016
Ecart
%
1 – Réceptions
94
90
-4
-4%
2 – Réceptions Boulogne Sud

24
+24
+100%
3 - Frais de personnel, charges sociales, Honoraires
170
202
+32
+19%
4 - Dons versés ACJBB et TSEDEK
127
127
0
0%
5 - Charges diverses
147
158
+11
+8%
6 – Charges diverses Boulogne Sud

63
63
+100%
7 - Amortissements
65
67
2
+3%





Total Charges Exploitation
603
732
129
21%





·        Dont Boulogne Nord

645


·        Dont Boulogne Sud

87



Observations :

1)  Réceptions

Les réceptions concernent les kidouchim, les seoudoth chlichit et les repas que nous organisons à l’occasion des jours de fêtes.

Ce poste est quasiment stable par rapport à l’an dernier à -4 %,.

Boulogne Sud a repris cette activité en 2016.

2)  Frais de personnel, charges sociales, Honoraires

Il est à noter une augmentation sensible des frais de personnel de 19%. Cette variation est due d’une part à des attributions nouvelles rémunérées, accordées à deux personnes en novembre 2015 qui ont de ce fait un impact sur la masse salariale 2016. En 2015 avec l’indemnisation de l’arrêt de travail de notre chamach fin 2015, cette différence avait été compensée.

Les postes Honoraires de l’Expert-comptable et du Commissaire aux Comptes quant à eux sont stables pour 2016.


3) Dons  

Ce poste est globalement stable.

Il concerne d’une part les dons effectués par Tsedek aux personnes en difficulté, ainsi que les versements effectués à des Yéchivots et compensés par des dons.

Il concerne d’autre part l’allocation que l’on reverse à l’ACIP, de manière volontaire chaque année.

4) Charges diverses

On constate cette année une augmentation de 8% soit 11k€, due principalement aux travaux de rénovation et réparations diverses non amortissables.

5) Amortissements

Ce poste est stable à +3%.

Il convient de préciser qu’aucune rémunération n’est versée aux Administrateurs et qu’aucun n’a bénéficié de remboursement de frais.

Au 31 décembre 2016 le solde positif de nos disponibilités en Caisse, Banque, et valeurs mobilières de placement est de 535.000€ (dont 279.000€ pour le Nouveau Centre).

L’an dernier le solde positif était de 492.000€ (dont 285.000€ pour le Nouveau Centre).

Nos fonds propres et Report à Nouveau s’élèvent au 31 décembre 2016  à 117.600€
Compte tenu de ces éléments, notre exercice se solde par un résultat positif de 14.341€ - En 2015, le résultat était de 40 141€

Il est à noter que les comptes de Boulogne Sud sont globalement équilibrés, et que l’incorporation de ces comptes n’a pas d’incidence sur la baisse du résultat par rapport à 2015.

CONCLUSION :

Le résultat de cette année 2016 malgré une baisse par rapport à 2015 reste en progression par rapport à 2014 où nous avions enregistré un résultat de 4000€.

Un certain nombre de travaux de rénovation ont été entrepris cette année, notamment la salle Alfred Zemour, la verrière et les escaliers, ainsi que la petite pergola qui a été entièrement financée par des dons.

Avec votre aide, nous allons poursuivre ces actions sur cette année 2017. Merci de votre confiance.

Le Trésorier ACJBB

Philippe Samama

dimanche 7 mai 2017

Dîner de gala en l'honneur de S.E. Mme Aliza Bin Noun, Ambassadeur d'Israel en France


Mercredi 10 mai, à partir de 20h30, nous aurons le grand plaisir de recevoir à Boulogne pour un grand Diner communautaire, l'Ambassadrice d'Israel en France, SE Mme Aliza Bin Noun.

C'est la première fois dans l'histoire de notre communauté que nous aurons l'occasion de recevoir à dîner l'Ambassadeur d'Israel, pour lui présenter notre communauté et entendre son message en cette période particulière tant par les enjeux politiques en France et dans le Monde, mais aussi entre les célébrations du 69ème anniversaire de l'Etat d'Israel, et le 50ème anniversaire de la réunification de Jérusalem, la Capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israel.

Nous comptons sur votre présence nombreuse pour assister à cet événement exceptionnel dans notre Communauté.
Je m'inscris pour le dîner de gala en l'honneur de l'Ambassadrice d'Israel en France, S.E. Mme Aliza Bin Noun le 10 mai 2017 
Je n'arrive pas à m'inscrire sur Hello Asso - je m'inscris ici et paierai sur place

jeudi 4 mai 2017

Discours de Robert Ejnes à la Cérémonie du Souvenir des victimes et héros de la Déportation

Cérémonie du souvenir des victimes et des héros de la Déportation
Dimanche 30 avril 2017
Intervention de Robert Ejnes, président de la Communauté juive de Boulogne

Nous sommes réunis ce matin pour rendre hommage aux victimes et aux héros de la déportation.
Nous venons de lire le nom de tous ceux, boulonnais, qui ont été arrêtés par la police française avant d'être déportés et pour la plupart exterminés dans les camps d'extermination. Ils avaient fréquenté cette synagogue, assis sur les bancs aux places que vous occupés ce matin.
A Boulogne, cette cérémonie revêt un caractère particulier puisqu'un office religieux est célébré chaque année dans ce cadre, chaque année dans un lieu de culte différent, à l'église, au temple protestant ou à la Synagogue.
Nous avons donc ce matin le privilège d'accueillir cet office avec émotion et avec gravité.
***
Nous sommes ici ce matin pour nous souvenir des morts et des héros de la Déportation, pour rappeler la mémoire de 6 millions de juifs assassinés dans les chambres à gaz et dans des assassinats de masse dont on aurait tant à dire.
Sans oublier bien sûr
Les personnes handicapées physiques et mentales
les roms
les homosexuels
les ecclésiastiques catholiques, témoins de Jéhovah, les francs-maçons, les communistes, les socialistes, les sociaux-démocrates et les dirigeants syndicaux
Comme le soulignait Elie Wiesel, "En ce temps-là, tous les juifs étaient victimes, même si toutes les victimes n'étaient pas juives."
Nous sommes ici aussi pour souligner le rôle des justes parmi les nations, ces hommes et ces femmes, qui ont sauvé des juifs souvent au péril de leur vie parce qu'en cette période noire de l'histoire "ils étaient restés des Hommes", et des résistants qui ont souvent - en le payant de leur vie - lutté contre la "peste brune".
Mais à quoi bon rappeler l'histoire, si ce n'est pas pour en tirer les leçons.
Et aujourd'hui plus que jamais depuis cette période terrible de notre histoire nationale et européenne, nous sommes inquiets.
***
La première leçon est de dire les choses. Depuis 70 ans, nous avons les informations, dont certaines ne sortent que maintenant. Nous avons ainsi appris la semaine dernière de l'analyse des archives que les alliés savaient pour les camps d'extermination …
Or paradoxalement, plus nous savons, plus des voix s'élèvent pour nier les faits, les transformer, les mettre en doute. A l'heure des autoroutes de l'information, du savoir mis à la disposition de chacun grâce à Internet, au lieu de savoir LA vérité, on remet en cause, on transforme, on évoque des complots, on sème le doute…
Un exemple : certains refusent de parler des juifs quand on parle de l'extermination nazie. On parle au mieux de déportés confessionnels. Le plus grand massacre de tous les temps a eu lieu ici, en Europe, contre les Juifs. Ils étaient plus de 9 millions en Europe en 1939 ; plus des 2/3 ont été exterminés … pour la seule raison qu'ils étaient juifs.
Rappelons - avec les mots de Vladimir Jankelevitch-, que "L’extermination des Juifs ne fut pas une flambée de violences : elle a été doctrinalement fondée, philosophiquement expliquée, méthodiquement préparée, systématiquement perpétrée par les doctrinaires les plus pédants qui aient jamais existé ; elle répond à une intention exterminatrice délibérément et longuement mûrie ; elle est l’application d’une théorie dogmatique qui existe encore et qui s’appelle l’antisémitisme."
Vouloir parler de la Déportation sans parler explicitement des juifs, c'est déjà une forme de révisionnisme.
***
Nous avons une responsabilité. Nous, qui avons connu les témoins, et avons entendu leur histoire, nous avons aujourd'hui la lourde tâche de faire en sorte que leur témoignage ne s'éteigne pas. Plus que ça, alors que des voix s'élèvent pour nier l'histoire ou pour la réviser, la banaliser, nous devons rester vigilants.
Car « Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. », cette réplique célèbre d'une pièce de Bertolt Brecht en 1941.
Or aujourd'hui, lorsqu'on tape "la bête immonde" sur Google, on arrive d'abord sur le film antisémite et négationniste de l'infâme Dieudonné, vidéo vue 416 848 fois sur internet.
Et c'est là un des problèmes de notre société, à ne plus savoir distinguer le vrai du faux.  A ne pas oser condamner l'infamie, au nom d'un prétendu droit d'expression, cet antisémite multirécidiviste continue à se produire dans des salles de spectacles avec des propos racistes, antisémites, négationnistes, … et antisionistes …
Faut-il rappeler que l'antisionisme n'est pas la critique de la politique de l'Etat d'Israël, mais la remise en cause de son existence.
***
Est-ce nouveau ? Non certainement pas. Le philosophe Vladimir Jankelevitch nous avait prévenus dès les années 60:
"Ce secret honteux que nous ne pouvons dire est le secret de la Deuxième Guerre mondiale, et, en quelque mesure, le secret de l’homme moderne : sur notre modernité en effet l’immense holocauste, même si on n’en parle pas, pèse à la façon d’un invisible remords. Comment s’en débarrasser ? Le crime était trop lourd, la responsabilité trop grave. Comment vont-ils se débarrasser de leur remords latent ?
L’« antisionisme » est à cet égard une introuvable aubaine, car il nous donne la permission et même le droit et même le devoir d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les Juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. II ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort, C’est ainsi que nos contemporains se déchargent de leur souci. Car tous les alibis sont bons, qui leur permettent enfin de penser à autre chose."
Jankelevitch - dans l'Imprescriptible - en 1965
***
Pourtant, au lendemain de la 2ème Guerre mondiale, on aurait pu imaginer que le monde, horrifié par les informations sur la Shoah, aurait réagi, et peut-être même éradiqué le fléau de l'antisémitisme.
Mais après être resté tapi pendant plus de 50 ans,  une nouvelle vague antisémite est apparue en France depuis le début des années 2000.
Puis ce fut Ilan Halimi en 2006, le premier juif à être assassiné en France pour la seule raison qu'il était juif. Puis en 2012, à l'école Ozar Hatora de Toulouse un professeur, le Rabbin Jonathan Sandler, ses deux enfants Gavriel et Arieh, ainsi que la petite Myriam Monsonégo, ont été assassiné … parce qu'ils étaient juifs. Et le 9 janvier 2015, après l'attentat contre Charlie Hebdo, Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada ont été assassinés à l'Hyper Cacher de Vincennes … parce qu'ils étaient juifs.
Au 21ème siècle on a tué des juifs en France pour la seule raison qu'ils étaient juifs.
***
Parler de la déportation, c'est aussi interpeller le monde non seulement pour son histoire, mais pour son présent et pour son avenir.
Nous vivons en ce moment un nouveau génocide.  Les Chrétiens d'orient et les Yazidis sont actuellement les victimes de Daesh.
C'est aussi notre responsabilité d'interpeller les politiques pour que tout soit fait pour arrêter ce terrible assassinat et pour que ces victimes soient protégées.
***
Et cela nous amène à parler de politique.
Comment peut-on accepter dans le débat politique d'aujourd'hui, Mme Le Pen remette en cause la responsabilité de la France dans les rafles de juifs ?
Rappelons le discours de Jacques Chirac en juillet 1995 :
"Il est, dans la vie d'une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l'idée que l'on se fait de son pays. Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l'on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler l'horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vécu la tragédie. Celles et ceux qui sont marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair par le souvenir de ces journées de larmes et de honte. Il est difficile de les évoquer, aussi, parce que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français. "
Nous devrons nous mobilier pour dire la France que nous ne voulons pas.
***
Cette cérémonie doit nous interpeller si nous voulons rappeler la mémoire des morts dans les camps n'extermination nazis, dont la grande majorité étaient juifs.
Ecoutons encore Vladimir Jankelevitch : "Les Juifs étaient persécutés parce que c’étaient eux, et non point en raison de leurs opinions ou de leur foi : c’est l’existence elle-même qui leur était refusée ; on ne leur reprochait pas de professer ceci ou cela,  on leur reprochait d’être."
En leur nom, au nom des boulonnais déportés et exterminés, dont nous avons lu les noms pour rappeler leur mémoire, au nom de mes grands-parents maternels, Bracha et Srul Sapsa déportés dans le convoi n°38 de Drancy le 28 septembre 1942. Ma Grand-mère a été gazée en arrivant à Auschwitz. Mon grand-père Srul a survécu. Il est revenu en 1945. Il est mort en 1963 sans avoir parlé de l'enfer qu'il avait vécu pendant ces 3 ans.
Puissent leurs mémoires, ainsi que celle des 6 millions de nos frères et sœurs juifs assassinés pendant la Shoah, être une bénédiction pour chacun d'entre nous.